Publicité
Publicité
02/04/2025 - #Honda , #Suzuki

Crédit automobile : un scandale à plusieurs milliards devant la Cour suprême britannique

Par AFP

(AFP) - La Cour suprême britannique a commencé à examiner mardi une affaire de ventes abusives sur certains crédits automobiles, susceptible d'ouvrir la voie à une énorme vague d'indemnisations, qui pourrait se compter en dizaines de milliards de livres pour les banques britanniques.

   La plus haute juridiction du pays se penche sur trois dossiers, dans
lesquels des acheteurs de voitures à crédit ont payé sans s'en rendre compte,
en plus du prix du véhicule et du prêt, une commission rétrocédée par la
banque au concessionnaire, considéré comme courtier dans l'opération.
   Il s'agit de trois affaires dans lesquelles "les demandeurs étaient des
consommateurs financièrement peu avertis avec des revenus relativement
faibles
", opposés au groupe sud-africain FirstRand Bank et à la banque
britannique Close Brothers, indique la Cour suprême dans un résumé de
l'affaire.
   L'un d'eux, Marcus Johnson, avait acheté à crédit, en juillet 2017, une
Suzuki Swift à un concessionnaire de Cardiff, au Pays de Galles, pour un total
de 6.500 livres (près de 7.800 euros), sans se rendre compte que la somme
comprenait une commission de plus de 1.600 livres.
   L'audience durera trois jours, puis il faudra plusieurs mois aux juges pour
se prononcer. Si la Cour suprême donne raison aux emprunteurs, comme l'a fait
précédemment la Cour d'Appel, sa décision s'imposera aux dossiers comparables,
qui sont légion dans le pays.
  
Commission cachée 
  

   Desmond Gourde, 56 ans, est venu témoigner mardi de sa propre affaire
devant la Cour suprême. Lui a obtenu un remboursement, mais cet homme à la
silhouette élancée est venu pour "soutenir tous ceux qui veulent récupérer"
l'argent perdu, assure-t-il à l'AFP.
   Ce superviseur dans une compagnie de bus londonienne avait acheté en 2018
une Honda Jazz d'occasion pour plus de 8.000 livres, intérêts compris. La
commission, dans son cas, était de près de 800 livres.
   "Je n'avais aucune idée de l'existence d'une commission. J'ai simplement
demandé le financement, signé les papiers, mais personne ne m'a parlé de cette
commission
", insiste-t-il.
   Comme lui, des millions de conducteurs pourraient être concernés, pour peu
qu'ils aient acheté, entre 2007 et 2021, une voiture avec un crédit assorti
d'une "commission discrétionnaire". Les banques autorisaient les vendeurs
automobiles à ajuster le taux d'intérêt proposé aux clients : plus il était
élevé, plus la rétribution était importante.
   "Je suppose que le concessionnaire automobile vous regardait en estimant
combien vous pouviez payer, et fixait
(le taux) en fonction de cela", explique
à l'AFP Kavon Hussain, l'un des avocats des emprunteurs.
  
Indemnisation collective
  
   Le gendarme britannique des marchés financiers (la FCA) a interdit en 2021
ce type de commissions.
   Le régulateur, qui a ouvert une enquête, envisage d'ordonner un programme
d'indemnisation collective, qui permettrait aux personnes concernées d'obtenir
réparation sans passer par des plaintes individuelles. Mais il attend lui
aussi la décision de la Cour suprême avant de se décider.
   Sam Ward, un enquêteur privé qui a travaillé sur de nombreux dossiers
similaires, assure à l'AFP que c'est tout un système qui avait été mis en
place. "Plus le réseau de concessionnaires était étendu, plus les commissions
étaient importantes
".
   "Nous avons identifié un réseau de concessionnaires qui a perçu 39 millions
de livres de commissions d'avance avant même d'avoir vendu une seule police de
financement automobile
", indique-t-il.
   L'association de consommateurs Which! estime que les réparations pourraient
coûter au secteur jusqu'à 16 milliards de livres, mais certains analystes
pensent que la facture serait en réalité bien plus lourde: ceux d'HSBC ont
ainsi évoqué la somme astronomique de 44 milliards de livres (53 milliards
d'euros).
   Les banques parties au procès devant la Cour suprême, contactées par l'AFP,
n'ont pas souhaité s'exprimer à ce stade.
   Mais les établissements bancaires britanniques ont, ces derniers mois, mis
de côté des sommes considérables en prévision de leur exposition dans cette
affaire.
   La britannique Close Brothers, qui a provisionné 165 millions de livres,
avait assuré qu'en dépit de "l'incertitude" à court terme liée à cette
affaire, le groupe "reste résilient".

Partager cet article

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.

Réactions

1600£ de com sur une caisse à 6500!!!,à quel taux le crédit?devenez banquier quel beau métier

Si les banques reversaient cette commission aux concessions, pourquoi est-ce que seules les banques sont incriminées ?
Au final, ce sont les concessions qui devraient rembourser les clients, pas les banques.

Cela reviendrait à ce que le client paye au total son crédit 9 ou 10 000€ !
Ce ne colle pas du tout ? Ou c'est effectivement une grosse arnaque..
;0)

Que personne ne dise que c'est "indécent", s'il-vous-plaît ;)

Usuriers! Tenardiers! Incroyable

Shocking,stupéfiée,revolving,disgusting,astounded,for Lucos the Great tower

On dit "indécent" quand c'est légal...
;0))

En tout cas cet article et ses commentaires nous ont appris une chose : Alain fait semblant de ne pas comprendre la langue de Shakespeare, alors qu'il est "fluent" ; coquin !

Et en France, c'est pareil avec des rémunérations sur les financements qui peuvent monter jusqu'à 6 ou 8%.
A comparer avec les résultats moyens des réseaux (1% à 1,5% quand tout va bien).
S'il n'y avait pas ces résultats sur les rémunérations financières, où en seraient les réseaux ? !!!

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles